Rédacteur technique, du jargon à la notice

Rédacteur technique

Rédacteur technique

Le secteur de la high-tech embauche un nombre croissant de rédacteurs techniques, qui conçoivent et rédigent les documentations des produits. Un métier relativement nouveau en France, sorte de médiateur entre les ingénieurs et les utilisateurs.

Désemparé face à votre nouvel ordinateur, vous vous ruez sur la notice ? Rendez grâce aux rédacteurs techniques qui ont planché pour tenter de la rendre accessible et conviviale. Rencontre avec Cédric Simard, rédacteur technique chez Arisem, un éditeur de logiciels de management des connaissances et Caroline Dannoux, forte de 14 ans d’expérience chez Thomson-CSF, qui occupe une fonction de manager.

Cédric Simard, responsable du service documentation chez Arisem

• « Le rédacteur technique fait le lien entre les concepteurs d’un produit et les utilisateurs. » « Mon métier consiste à rédiger des manuels d’utilisation pour les logiciels que nous produisons, c’est-à-dire à transposer le langage technique en langage compréhensible par l’utilisateur. La base de mon métier est de savoir écouter les techniciens. D’abord je discute du produit avec les ingénieurs, puis je rédige la documentation. Je la fais valider par les développeurs et des clients tests. Le processus prend plusieurs semaines ou plusieurs mois. J’ai des dates de rendus précises à respecter, qui suivent celles de la conception du logiciel par les ingénieurs. J’emploie quotidiennement 30 à 40% de mon temps à la rédaction, avec des outils comme Word et Framemaker (logiciel d’édition pour le web, Ndlr). Le manuel est ensuite disponible en ligne ou plus classiquement sur papier. » Son parcours : « Après des études d’anglais et de linguistique, j’ai suivi le DESS rédaction technique, en alternance, de Paris VII. Arisem est mon premier poste en CDI. » Son salaire : « Je gagne 200 KF par an, c’est un bon salaire de départ. » Ses qualités : « Je suis autonome, je sais me prendre en main. C’est important dans ce métier car il faut savoir s’organiser et s’adapter. »

Caroline Dannoux, responsable de développement documentaire chez Thomson-CSF

• « Le rédacteur technique est d’abord un communicateur. » « Nous produisons les documentations en même temps que les ingénieurs conçoivent les matériels de défense. Souvent, les acheteurs exigent des modifications du produit et changent les délais. Il faut nous adapter en conséquence. L’essentiel de mon travail de manager est de gérer les priorités pour mon équipe de rédacteurs techniques et d’organiser leur travail. Je veille aussi à ce que la communication d’informations soit bonne entre les rédacteurs et les équipes techniques. » Son parcours : « J’ai été formée sur le tas chez Thomson-CSF, lors d’un projet franco-américain. J’avais une formation littéraire et la maîtrise de l’anglais. Je suis devenu manager après 3 ans d’expérience. » Son salaire : NC Ses qualités : « J’ai un bon sens relationnel, pour l’écoute et le contact. Je suis souple, et ne me décourage pas devant les changements de programme. Enfin, le plus important, je m’implique réellement dans la satisfaction du client. »

L’avenir du métier

Après une carrière de rédactrice technique en entreprise, Lucy Veisblat est consultante en documentation technique chez eCreation. « Beaucoup de rédacteurs techniques exercent en free-lance après s’être formés au sein d’un service de documentation en entreprise. » Tendance : « Ce métier existe depuis plusieurs décennies aux Etats Unis et en Angleterre. Il émerge en France depuis une dizaine d’années, avec une accélération récente. Les sociétés font de plus en plus souvent appel à des professionnels pour rédiger leurs documentations. » Evolution : « Après quelques années de pratique, le rédacteur technique peut évoluer vers un poste de responsable de service de documentation technique, ou vers des postes de consultant free-lance. » Débouchés : « Les entreprises qui embauchent sont des start-up comme des grandes sociétés. Elles appartiennent au secteur de la haute technologie : édition de logiciels, développement de solutions informatiques et télécommunications. »

David Esnault Les conseils pour se faire embaucher

3 Questions à Laurence Roméo, Business unit manager chez Lionbridge Technologies, société spécialisée dans la localisation de logiciels.

Lorsque vous recrutez un rédacteur technique, quel profil recherchez-vous ?

Je recherche des profils littéraires. Les titulaires d’une maîtrise de littérature sont bien placés. Puis je privilégie ceux qui ont une formation complémentaire en rédaction technique. La formation dispensée par la chambre de commerce de Paris, par exemple, est très bonne.

Qu’apportent ces formations complémentaires ?

Elles enseignent différentes méthodes de rédaction, et surtout, à maîtriser des outils logiciels tels que Word et Framemaker pour créer de la documentation en ligne. C’est un atout capital pour les candidats qui sont alors directement opérationnels en entreprise.

Embauchez-vous des rédacteurs sans formation spécialisée ?

Oui, j’embauche parfois des candidats qui ont un profil linguistique ou un profil technique, pour la localisation des logiciels, c’est-à-dire la traduction et le test des logiciels. Récemment, j’ai engagé un ingénieur qui souhaitait faire de la rédaction technique.