Bernard Girard

Chronique du  19/01/10

Chine, USA : guerre sur internet


Bonjour, vous nous avez parlé la semaine dernière de Google, il y a quinze jours de la Chine, et vous souhaitez revenir sur ces sujets…

Oui, vous savez qu’un bras de fer oppose aujourd’hui Google au gouvernement chinois…

J’en ai entendu parler, mais je n’ai pas bien suivi. De quoi s’agit-il?

C’est assez simple. Il y a quelques jours, Google a annoncé qu’il cesserait de censurer ses résultats sur le moteur de recherche qu’il a développé spécifiquement pour la Chine, moteur qui respectait jusqu’à présent une réglementation locale qui interdit aux citoyens l’accès à un certain nombre d’informations politiques.  

Comme sur Tien An Men?

Exactement. Lorsque vous recherchez  “Tien an Men 1989” sur un moteur de recherche chinois, celui de Google et de bien d’autres, vous recevez des réponses, mais aussi un message vous disant que certaines informations ne vous sont pas communiquées pour respecter la réglementation chinoise. Donc Google a annoncé qu’il  cesserait de censurer les résultats sur ce moteur de recherche pour protester contre une attaque de hackers qu’il soupçonnait de travailler pour le compte du gouvernement chinois sur sa messagerie. Et c’est, semble-t-il, ce qu’il a fait (voir ici).

Si Google cesse de censurer, il risque de devoir fermer ce moteur de recherche chinois…

Bien sûr. C’est donc une décision lourde que Google a prise lorsqu’il a découvert que des hackers, des pirates informatiques de très haut vol (voir ici et ici quelques mots sur les techniques utilisées), avaient accédé aux comptes mails de deux dissidents en décembre dernier. 

C’est un geste fort…

C’est un geste qui a beaucoup surpris. Mais il faut dire que les conflits entre Google et la Chine ne sont pas nouveaux. Avant que Google ne crée ce moteur de recherche spécifique, les autorités chinoises bloquaient régulièrement l’accès à ses sites.

Et cette affaire nous révèle que le gouvernement chinois, car c’est bien de lui qu’il s’agit, et non pas de hackers indépendants, a entrepris de contrôler les usages d’internet en Chine mais aussi de l’utiliser comme un outil d’espionnage. En même temps qu’il annonçait sa décision de ne plus censurer ses résultats, Google disait qu’une trentaine d’autres entreprises internationales, essentiellement américaines, avaient fait l’objet d’attaques du même type. Et depuis, plusieurs entreprises l’ont confirmé.

En prenant ce risque, Google a choisi une position originale, qu’on n’attend pas d’une entreprise. Surtout sur un marché comme celui de la Chine…

Effectivement. On sait aujourd’hui qu’avant de faire son annonce, Google avait contacté d’autres entreprises victimes elles aussi de ces attaques pour une réaction commune et qu’elles n’ont pas donné suite (voir ici).

De crainte de perdre le marché chinois…

Voilà…

Mais pourquoi Google a-t-il fait ce choix?

Beaucoup de gens se posent actuellement la question. Il semble que la décision ait été prise à l’initiative de l’un des deux fondateurs, Sergueï Brin, né en Russie, arrivé aux Etats-Unis enfant lorsque ses parents ont émigré et donc plus sensible que d’autres au totalitarisme. Mais on a avancé d’autres arguments moins honorables. On a beaucoup dit que Google avait pris cette décision parce qu’il ne réussissait pas à s’imposer en Chine, que le marché chinois était dominé par un acteur local, Baidu… On a aussi dit que Google pouvait facilement partir parce que son chiffre d’affaires en Chine est faible. On ne sait pas exactement ce qu’il représente puisque Google ne décompose son chiffre d’affaires par pays, nous en parlions la semaine dernière, mais il serait de l’ordre de 2% de son chiffre d’affaires global.

Ce qui est peu.

C’est peu comparé au poids de la Chine dans le chiffre d’affaires de maisons comme Intel,13%, ou Cisco, 11%. Mais ce n’est pas négligeable.

Mais les raisons de ce geste sont, je crois, ailleurs. Elles tiennent au modèle économique de Google, d’une part, et à la nature même de ce marché.

Google s’est développé uniquement par le bouche à oreille sans faire de publicité. C’est sa bonne réputation, la qualité de ses résultats qui ont fait son succès. Or, céder devant la Chine, censurer ses informations, laisser, ce qui est plus grave un gouvernement totalitaire accéder aux informations privées de ses utilisateurs, c’était prendre le risque d’écorner cette réputation. D’écorner ce qui fait sa richesse, son capital, sa bonne réputation. À l’inverse, prendre un coup de sang, refuser de jouer le jeu du gouvernement chinois, c’est envoyer un message à tous ceux qui le critiquent aujourd’hui, à commencer par le gouvernement français en leur disant : voyez, nous faisons passer des valeurs avant notre portefeuille. 

Et vous croyez que cela peut les aider dans d’autres négociations?

On verra bien, mais, pour ne prendre que cet exemple, le gouvernement français qui a envoyé François Fillon s’agenouiller devant les dirigeants chinois au lendemain de Copenhague, aura plus de mal à critiquer Google sur d’autres dossiers. 

Perdre 2% de son chiffre d’affaires ce n’est pas négligeable, surtout sur un marché en pleine croissance…

Oui, mais les enjeux sont considérables. Internet repose sur la confiance. Et celle-ci est fragile. Laisser le gouvernement chinois accéder à des informations privées pour des motifs politiques, c’était autoriser d’autres gouvernements à faire de même ailleurs. Et tout gouvernement peut avoir la tentation de le faire. Souvenez-vous, aux Etats-Unis, de Watergate : un Président des Etats-Unis a bien envoyé des services secrets espionner ses adversaires politiques. Il y a un enjeu réel : si l’on veut qu’internet reste cet outil auquel nous faisons confiance, il faut que ses acteurs soient impeccables. 

J’ajouterais que Google a pris d’autant plus facilement cette décision qu’il n’est pas sûr qu’elle lui coûte cher à long terme. 

Ils pourront revenir en Chine…

Ils n’en sont pas encore partis. Mais sa réaction a eu un impact direct en Chine. On a vu des Chinois déposer des petites bougies devant son siège social pour lui dire leurs regrets. Je vous disais tout à l’heure que Google n’a qu’une petite part du marché chinois, de l’ordre de 25% à 30% de ce marché, ce qui représente 80 millions d’utilisateurs. Mais ce sont des utilisateurs urbains, diplômés de l’enseignement supérieur qui ont abandonné Baidu, le concurrent local qui contrôle à peu près 60% du marché, parce qu’il y a eu des scandales, des résultats achetés par des fournisseurs… Et vous savez que changer de moteur de recherche est très simple : il suffit de quelques gestes qui ne prennent pas plus de quelques secondes sur votre ordinateur. Si donc, Google revient demain, il retrouvera ces utilisateurs qui l’avaient choisi parce que plus fiable que les moteurs de recherche locaux. En ce sens, sa position n’a rien à voir avec celle de Microsoft qui a investi des sommes considérables pour s’implanter en Chine et qui ne veut pas en partir. C’est ce qu’a dit, il y a quelques jours, son Président, Steve Balmer.

Que peut-il maintenant se passer?

Le bras de fer est engagé. Google ne peut pas gagner seul contre le gouvernement chinois, c’est l’évidence, mais d’autres entreprises et organisations ont été victimes des mêmes attaques. D’autres sociétés d’internet, mais aussi des entreprises spécialisées dans l’aéronautique et des organisations spécialisées dans l’analyse de ce qui se passe en Chine. L’objectif était semble-t-il double : contrôler les citoyens chinois, les sources d’informations des journalistes ou observateurs qui parlent de la Chine et…

Espionner des entreprises…

Exactement. Northrop, qui est une entreprise spécialisée dans le matériel militaire a fait l’objet d’attaques du même type. Tout comme un cabinet d’avocats qui défend les intérêts de sociétés qui sont en procès avec des entreprises chinoises qu’ils accusent de vol de propriété industrielle. Plusieurs entreprises informatiques ont également fait l’objet, lors de cette attaque, de vol de code, de bouts de logiciel, si vous préférez. Hier on envoyait des secrétaires photographier des plans, aujourd’hui on copie du code…

C’est un véritable roman d’espionnage…

C’est exactement cela. Cette affaire porte d’ailleurs depuis quelques jours un nom de code : Aurora.

On parlait autrefois de guerre froide, nous avons là une sorte de guerre souterraine qui ne dit pas son nom, qui oppose les deux plus grandes puissances mondiales sur un terrain nouveau, celui de l’internet. Dont les enjeux sont multiples : économiques, technologiques et politiques. Et comme dans un roman d’espionnage, les acteurs essaient d’exploiter les faiblesses de l’ennemi. C’est, parait-il, un bug dans Explorer qui aurait permis à ces hackers d’entrer sur les serveurs de Google et d’autres aux Etats-Unis. Vous imaginez que ce n’est pas à la portée de n’importe qui et que cela suppose de fortes compétences.

Les gens qui organisent ces opérations s’attachent, comme dans les meilleurs romans, à cacher leur trace. L’ordinateur duquel sont parties les attaques était d’après les ingénieurs de Google qui ont pratiqué ce que l’on pourrait appeler une opération de contre-espionnage, cet ordinateur était installé à Taiwan, mais il recevait ses consignes, ses ordres du continent. De qui sur le continent, on ne sait pas. On ne peut pas prouver que cela vient du gouvernement chinois, mais personne n’en doute. Donc, le gouvernement chinois dément, explique que les entreprises étrangères qui s’installent sur son territoire doivent respecter sa réglementation… Ceci dit, il doit aujourd’hui s’interroger. 

Vous parlez de conflit, de guerre… les guerres sont entre Etats, pas entre une entreprise, aussi puissante soit elle, et un Etat.

Oui, mais c’est la sécurité des entreprises, de leur capital intellectuel qui est en jeu. Le gouvernement américain ne peut pas laisser passer. Il est dans son rôle d’assurer la sécurité des entreprises américaines. Ce qu’il peut faire en protestant, avec plus ou moins de force, auprès des Chinois, en prenant des mesures de rétorsion, éventuellement en contre-attaquant.

Et comment peut-on contre-attaquer dans ce genre d’affaires? En allant espionner des entreprises chinoises?

Cela se fait peut-être déjà même si la barrière de la langue est un obstacle réel. On peut aussi imaginer des contre-attaques. Mardi dernier, le site de Baidu, le concurrent chinois de Google aurait été paralysé pendant plus de trois heures, ce qui est exceptionnel, à la suite d’une cyber-attaque venue des  Etats-Unis.

Une réaction de Google?

J’en doute. Mais on peut imaginer que des informaticiens américains aient voulu tester les capacités de résistance de Baidu. 

Quand je parle de contre-attaque, je pense plutôt au développement de technologies qui permettent de contourner la censure en Chine, qui donnent aux Chinois qui le souhaitent la possibilité de dialoguer sur internet à l’abri du regard des autorités chinoises (voir sur cette question, cet article et ce débat dans le New-York Times). Cela a déjà commencé et un million de chinois utiliseraient dores et déjà des techniques qui permettent d’échapper au contrôle. Ces mêmes techniques auraient aussi beaucoup de succès ailleurs dans le monde, en Iran, par exemple…

Autre pays où l’usage d’internet est contrôlé…

Il y a eu il y a quelques mois, en juin dernier, un scandale lorsqu’on a appris que Siemens et Nokia, deux sociétés européennes avaient vendu aux Iraniens des équipements leur permettant d’espionner les communications privées sur internet mais aussi au téléphone. Une mesure que semble d’ailleurs suivre la Chine, puisqu’un article du Daily Telegraph, confirmé par un papier du Quotidien du Peuple, le journal officiel du PC, indiquait il y a deux jours que les autorités chinoises avaient entrepris de contrôler les textos des utilisateurs de deux grands réseaux de téléphonie mobile et de couper les connexions de ceux qui tiennent des propos critiques.

C’est Big Brother!

C’est l’utilisation des  nouvelles technologies au service du contrôle de la population dans les régimes totalitaires. Ni plus ni moins. La Stasi installait des micros dans les téléphones et avait des gens qui passaient leurs journées à écouter les conversations de leurs voisins. La Chine utilise les technologies nouvelles pour faire la même chose. Et c’est pour cela qu’il faut lutter contre. Mais ce n’est pas le seul motif.  À l’inverse de l’Iran qui a pour seule ambition de contrôler sa population, la Chine veut aussi récupérer des données technologiques. Et c’est là-dessus que cette guerre secrète va rapidement porter. L’objectif sera d’entrer dans les ordinateurs des entreprises, et pas simplement des entreprises du secteur militaire, pour voler du code ou des informations. On n’est probablement qu’au début d’un conflit qui intéresse tout le monde.

Parce que des entreprises peuvent être victimes de ces attaques partout dans le monde…

Oui, et parce que le contrôle que les Chinois exercent sur leur population peut donner des idées à d’autres. Je suis sûr qu’ici même en France, des gens examinent cela de près. Pour de bons motifs, la lutte contre la pédophilie, le trafic de drogue, le terrorisme. Mais les mêmes outils peuvent servir à contrôler la population. On aurait un cas de figure original où les mêmes autorités qui lutteraient contre l’espionnage industriel développeraient des outils pour espionner leur population. Et il faut bien sûr l’éviter. C’est pourquoi il convient, je crois, d’être très attentif à ce qui va se passer dans les mois qui viennent sur ce terrain. 

Et que peut-il se produire?

Cette affaire devrait pousser à la réglementation et il faut veiller à ce que, sous couvert de protéger des secrets industriels, on ne menace nos libertés. 

Vous croyez qu’il y a un risque?

Mais bien sûr. On dit que le gouvernement italien voudrait que tous ceux qui déposent des films sur Youtube et les services similaires demandent au préalable une autorisation administrative. Ce qui serait évidemment une manière de réduire notre liberté d’expression. Imaginez qu’il faille demander l’autorisation de publier un livre, un article, de chanter une chanson!

Mais c’est dans l’Italie de Berlusconi…

Dans un pays démocratique, membre de la communauté européenne. Mais il est vrai qu’avec Berlusconi on peut s’attendre à beaucoup de choses.

Pour l’heure, les autres gouvernements sont plutôt discrets. Le gouvernement allemand a lancé une alerte, invitant ses entreprises à se méfier d’Explorer, le navigateur de Microsoft dont un défaut de sécurité aurait permis aux hackers d’entrer dans les ordinateurs de ces entreprises. Le gouvernement américain a annoncé qu’il élèverait une protestation officielle dans les jours qui viennent. Les autres se taisent.

Si vous avez donc un conseil à nous donner, c’est pour l’instant d’abandonner Explorer…

Oui, et c’est facile. On trouve sur internet des produits meilleurs et gratuits, comme Firefox, Opera, Safari d’Apple ou Chrome, de Google. Et puis, il faut, je le répète, être attentif aux mesures qui pourraient être prises pour contrôler nos conversations. Les Chinois ont arrêté en 2009 5394 personnes au nom de la lutte contre la pornographie sur internet. On peut imaginer que certaines de ces personnes étaient plus des dissidents que des pornographes.




Note de lecture


Comme chaque semaine, vous voulez nous faire d’une de vos lectures…

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre que j’ai acheté dans une gare et que j’ai lu dans un train, un petit livre, publié de poche, qui se lit en une heure, le temps d’un voyage en train, pas un très bon livre, un peu vulgaire, parfois, mais un livre qui rend bien l’atmosphère de travail dans un certain nombre d’entreprises, agences de publicité, sociétés de conseil ou de services informatiques. Ses deux auteurs se présentent comme des consultants, ce qu’ils ont sans doute été, et dessinent le monde du travail avec une plume trempée dans l’acide. C’est souvent bien vu et cela décrit bien, sans théorie ni analyse approfondie, la manière dont ce qu’ils appellent le néo-management détruit des vies. À coup de stress, de contrats précaires, méthodes qui sous couvert de donner aux salariés plus d’autonomie les condamne à se punir eux-mêmes.

Vous ne nous avez pas donné son titre ni le nom des auteurs…

Il s’agit de L’open Space m’a tuer de Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. Ce livre décrit bien la violence des relations de travail, la fausse convivialité, le stress et la manière de le créer, la vulgarité des relations entre salariés, entre ceux-ci et leur direction. Ils décrivent bien également quelques rites courants, comme les séminaires de motivation. Ce qui n’est pas surprenant : ces deux auteurs expliquent qu’ils l’ont écrit à partir d’anecdotes recueillies auprès de collègues, d’amis… On y reconnait d’ailleurs toute une série d’entreprises et pour avoir fréquenté certaines d’entre elles, je peux vous assurer que ce qu’ils disent est à peine caricaturé.

Et pourtant je ne vous sens pas complètement convaincu…

C’est un livre que j’ai trouvé déprimant, parfois presque vulgaire alors même qu’il décrit très bien le monde du travail, le désengagement des jeunes cadres dont se plaignent beaucoup d’entreprises et il explique pourquoi, la responsabilité du management moderne, des organisations matricielles, des logiques projet…

Si je vous en parle malgré ces réserves qui ne doivent pas empêcher de le lire, c’est qu’il s’inscrit dans une nouvelle manière d’aborder la critique du travail et l’entreprise, non plus sous l’angle idéologique ou politique comme pouvaient faire les marxistes, comme faisaient encore récemment les auteurs de L’insurrection qui vient, mais en décrivant tout simplement ce qui s’y passe au plus près.

Parler de vulgarité, c’est sévère…

Oui, mais c’est sans doute que ce monde apparait vulgaire lorsqu’on le regarde avec une loupe. Ce que font ces deux auteurs. Et cette vulgarité est surtout langagière. Ce livre montre, dans ce qu’il a de déplaisant, combien le monde du travail abime ce qui nous unit : la langue. On ne parle plus français dans ces entreprises, on ne parle pas anglais non plus, on ne parle même pas franglais, on parle une sorte de langue incompréhensible à qui n’appartient pas à ce monde avec des mots fabriqués avec des acronymes, des anglicismes… 

Une langue technique comme il y en a dans tous les métiers?

Non. Ce n’est pas cela. Ce ne sont pas des mots qui décrivent des techniques ou des pratiques de spécialistes. C’est une langue pour dire des choses simples que l’on peut parfaitement dire en français. C’est d’autant plus étonnant et choquant que les salariés dont nous parlent ces deux auteurs ont, pour la plupart, fait des études supérieures. Ont donc appris à bien parler, à bien s’exprimer, et le font probablement dans leur vie privée, mais l’oublient lorsqu’ils passent les murs de l’entreprise, comme si ce milieu avait créé sa propre langue. 

La lecture de ce petit livre m’a fait penser que l’on mesure la qualité du lien social dans le monde du travail à la qualité de la langue qu’on y parle. Celle-ci est aujourd’hui très dégradée.


Retour à la page principale