Chronique du  02/09/08

LĠŽmiettement de lĠEurope

 

Bonjour, nous rentrons de vacances et pendant deux mois il sĠest passŽ beaucoup de choses sur le front de lĠŽconomie, mais aussi de la gŽopolitiqueÉ Et cĠest ce dont vous souhaitez nous parler ce matinÉ

Oui, je voudrais ce matin vous parler dĠun phŽnomne que conna”t lĠEurope depuis quelques annŽes   et qui pourrait avoir un impact majeur sur son dŽveloppement dans les annŽes qui viennent : son Žmiettement croissant. Nous avons eu cet ŽtŽ deux exemples frappants avec la reconnaissance russe de lĠindŽpendance de lĠOssŽtie du Sud et de lĠAbkhazie, mais bien avant cela il y a eu lĠexplosion de lĠancienne URSS, la division de la TchŽcoslovaquie en deux Etats, la TchŽquie et la Slovaquie et la dŽsagrŽgation de lĠex-Yougoslavie en une demie-douzaine de mini-EtatsÉ

Tous pays qui appartenaient ˆ la sphre dĠinfluence soviŽtiqueÉ

CĠest exact. Et cĠest certainement lĠune des consŽquences de la chute du mur de Berlin et de ce qui sĠen est suivi. Mais le phŽnomne nĠest pas propre ˆ lĠEurope de lĠEst. On le rencontre en Europe occidentale, en EspagneÉ

Vous pensez aux sŽparatistes de lĠETAÉ

Oui, mais aussi ˆ la Catalogne qui prend chaque jour un peu de libertŽ et dĠautonomie. En Italie la Ligue du Nord pr™ne la division dĠavec lĠItalie du Sud, en Belgique. Des Etats nation trs anciens comme la Grande-Bretagne qui a donnŽ plus dĠautonomie ˆ lĠEcosse et au Pays de Galles nĠŽchappent pas compltement au phŽnomneÉ

Il nĠy a, au fond, que la France qui Žchappe ˆ ce mouvementÉ

A lĠexception de la question Corse! Et le fait que nous y Žchappions est une bŽnŽdiction parce que cet Žmiettement se fait en gŽnŽral dans la douleur. Les autonomies et indŽpendances sont arrachŽes ˆ coup dĠattentats, de guerres civiles, de massacres, de dŽplacements de populationsÉ et il ne peut y en aller autrement dŽs lors que les frontires de ces micro-Etats qui naissent ne correspondent pas ˆ des frontires naturelles. Pour crŽer une identitŽ nationale, on doit exclure, Žliminer une partie de la population, les minoritŽs qui nĠont pas la mme religion, la mme langue, la mme cultureÉ

Comme cela sĠest produit dans lĠex-YougoslavieÉ

Exactement. Cet Žmiettement que lĠon observe un peu partout en Europe a plusieurs causes. Dans les rŽcents ŽvŽnements en GŽorgie, le nationalisme russe a profitŽ des discriminations dont ont ŽtŽ victimes les Osstes du sud pour justifier leur intervention. Lorsque les GŽorgiens sont devenus indŽpendants en 1991, ils ont supprimŽ lĠautonomie dont bŽnŽficiait cette rŽgion dans lĠex-Empire soviŽtique. Ils ont, notamment, dŽcidŽ que le gŽorgien serait la langue officielle. Ce qui a entra”nŽ des dŽplacements de population vers lĠOssŽtie du Nord, qui dŽpend de la FŽdŽration russe. Le nationalisme gŽorgien a favorisŽ le dŽveloppement dĠun nationalisme osste qui nĠexistait pas auparavant et depuis 15 ans, les troubles sont permanents dans cette rŽgion (voir Wikipedia, voir Žgalement le dossier du Monde). On retrouve un scŽnario voisin en Abkhazie, rŽgion en conflit avec la GŽorgie depuis le dŽbut des annŽes 90. Conflit dur qui a vu le dŽplacement de 250 000 gŽorgiens en 1992.

A vous entendre, la GŽorgie nĠest donc pas compltement innocenteÉ

La GŽorgie a une grande part de responsabilitŽ dans ce qui vient de se produire. Le nationalisme gŽorgien a, au dŽbut des annŽes 90, rŽveillŽ le nationalisme de ces petits peuples. Mais le plus inquiŽtant est, je crois, ailleurs. Ces conflits rappellent ce que lĠon a connu en Europe dans les annŽes 30 avec lĠAllemagne et les Sudtes. Et on ne peut exclure que cela se reproduise ailleurs, que les Russes ne sĠen prennent ˆ leurs voisins au motif que les minoritŽs qui y habitent sont victimes de discriminations et ne favorisent le dŽveloppement de pays satellites ˆ leurs frontires.

Vous pensez ˆ lĠUkraine?

18% de la population ukrainienne est russe. Il suffirait que cette minoritŽ se sente menacŽe ou victime de discriminations pour que la Russie se trouve de bonnes raisons dĠintervenir, de financer des mouvements dĠoppositionÉ LibŽration a publiŽ samedi dernier un article tout ˆ fait significatif sur les tensions ˆ SŽbastopol. Mais on pourrait Žgalement penser ˆ la Moldavie qui a des soucis avec la Trandisnistrie, une rŽgion de 600 000 habitants tentŽe par lĠindŽpendance et le rapprochement avec la Russie. Et au Kosovo o vivent une centaine de milliers de serbes qui se verraient bien indŽpendants (voir Mediapart).

Si je vous comprends bien, les tensions dans cette partie du monde devraient continuerÉ

Si lĠOccident ne trouve pas le moyen de calmer les ardeurs nationalistes de Moscou, nous allons au devant de conflits rŽpŽtŽs dans cette rŽgion du monde. Ce qui me fait penser que cet Žmiettement est, ˆ moyen terme, porteur de plus de troubles et de conflits que lĠislamisme radical. En ce sens, il est plus menaant.

Mais je vous disais que ce mouvement dĠŽmiettement a plusieurs causes. En Europe occidentale, en Belgique ou en Italie, le nationalisme sĠappuie sur un refus des riches, des flamands, des habitants de lĠItalie du Nord, de payer pour les plus pauvres, pour les wallons ou pour les habitants de lĠItalie du Sud. Pour ne rendre que cet exemple, si la Flandre devenait indŽpendante, ses habitants paieraient moins de cotisations ch™mage puisquĠil est beaucoup plus faible quĠen Wallonie. On retrouve une situation voisine en Catalogne, rŽgion dont les Žlites Žconomiques protestent contre la nŽgligence ˆ leur Žgard du pouvoir central (comme bien expliquŽ dans cet article du Monde diplomatique). La Catalogne devenue indŽpendants pourrait financer les dŽpenses dĠinfrastructure nŽcessaires ˆ son dŽveloppement avec les fonds quĠelle verse aujourdĠhui aux rŽgions plus pauvres du reste de lĠEspagne.

Il y a Žgalement en Espagne, lĠETAÉ

On trouve effectivement des revendications indŽpendantistes dans dĠautres rŽgions espagnoles notamment en Galicice et au Pays basque. Le cas de ce dernier est le plus connu avec lĠETA qui sĠappuie sur la rŽvolte sociale des classes populaires dans lesquelles elle recrute ses militants mais sĠinscrit surtout dans une tradition xŽnophobe et raciste issue des thses du pre du nationalisme basque, Sabino Arana, qui fut dĠabord un opposant ˆ lĠimmigration dĠespagnols dĠautres rŽgions dans la pŽriode dĠindustrialisation ˆ la fin du 19me sicle.

Cet Žmiettement produit de petits paysÉ

Ce sont effectivement de petits pays voire de tous petits pays. LĠOsstie du sud a moins de 100 000 habitants, lĠAbkhazie ˆ peine 500 000. Si la Belgique se divisait, cela donnerait ˆ une Wallonie, dĠun peu plus de 3 millions dĠhabitants et ˆ une Flandre de 6 millions dĠhabitants. Si le pays basque devenait indŽpendant, il aurait moins de 3 millions dĠhabitants. La Catalogne en aurait 7 millionsÉ

Mais est-ce que cela peut faire des pays viables?

Les plus petits de ces pays deviendront des satellites de leurs voisins plus puissants qui pourront les utiliser pour dŽvelopper des activitŽs quĠil leur serait difficile dĠavoir officiellement. LĠAbkhazie ou lĠOsstie pourraient devenir des paradis fiscaux, un peu ˆ lĠimage de Monaco, si les Russes en Žprouvaient le besoin. Pour les pays plus importants,  comme une Žventuelle Catalogne indŽpendante qui serait de taille comparable ˆ la Suisse, les choses sont naturellement diffŽrentes. Il convient, cependant, de distinguer la dimension Žconomique et la dimension sociale.

Le libre-Žchange et la globalisation des grandes entreprises ont fait tomber deux des obstacles Žconomiques ˆ lĠŽmiettement. LorsquĠil y avait des barrires douanires ˆ toutes les frontires, les pays les plus grands avaient un atout majeur : ils offraient ˆ leurs industriels des marchŽs plus importants. Depuis que ces barrires sont tombŽes, la taille nĠest plus un avantage (cet argument est dŽveloppŽ par plusieurs Žconomistes. On le trouve notamment chez Xavier Sala-i-Martin, un Žconomiste catalan). Les partisans de lĠindŽpendance en Catalogne, comme en Flandre disent, par exemple, que cela ne changera rien ˆ leurs ventes dans les anciens espaces nationaux sinon quĠelles seront considŽrŽes comme des exportations. Ce qui est sans doute exact. De la mme manire, le dŽveloppement dĠentreprises multinationales a favorisŽ le dŽveloppement de carrires internationales. Ce nĠest plus un handicap de venir dĠun petit paysÉ Ceci dit, les petits pays ont des problmes spŽcifiques. Il leur est plus difficile de rŽaliser des Žconomies dĠŽchelle, notamment en matire de fonction publique, dĠadministration.

Ces petits pays qui apparaissent vont devoir crŽer des ministres de lĠEducation, des transports, des financesÉ

Ils vont devoir financer une administration centrale, une armŽeÉ toutes dŽpenses quĠil faudra partager entre un peu plus petit nombre de contribuables. Et comme ceux-ci ne voudront pas se laisser faire et protesterontÉ on assistera ˆ des mouvements dĠŽmigration, ˆ une fuite des plus imposŽs, mais aussi, et cĠest plus grave, des cerveaux. Fuite qui peut commencer trs t™t. Prenez le secteur de lĠŽducation. Les pays les plus importants peuvent consacrer plus dĠargent au dŽveloppement dĠun enseignement supŽrieur de qualitŽ dans un grand nombre de disciplines. Les Žtudiants des petits pays seront tentŽs dĠaller faire leurs Žtudes ˆ lĠŽtranger et dĠy poursuivre leur carrire professionnelle.

Mais ce nĠest pas le seul problme. Ces petits pays sont par construction trs ouverts sur lĠextŽrieur. Ils ont lĠobligation de commercer avec leurs voisins, avec le reste du monde. Or, on a observŽ que les pays les plus ouverts au commerce international Žtaient aussi ceux qui avaient les dŽpenses publiques les plus ŽlevŽes.

Et pourquoi?

LĠŽconomiste qui a fait cette observation dans un article devenu cŽlbre, Dany Rodrik, un professeur de Harvard, explique que lĠouverture au commerce international prŽsente des risques, les entreprises des pays ouverts sont plus que dĠautres soumises ˆ la concurrence internationale, risques que les gouvernements sont amenŽs ˆ prendre en compte, dĠo le dŽveloppement de systmes de protection pour ses victimes. La population veut bien prendre ce risque supplŽmentaire mais ˆ condition quĠil soit couvert par un systme dĠassurances. Ce qui nous amne ˆ la dimension sociale dont je parlais tout ˆ lĠheure.

Vous nous disiez que la partition de la Belgique rŽduirait le cožt des cotisations ch™mage pour les FlamandsÉ

Oui, mais elle augmentera le cožt des cotisations retraite. La population flamande vieillit, elle est aujourdĠhui plus ‰gŽe que la population wallonne. SĠil y a partition, les wallons ne contribueront plus ˆ financer les retraites des Flamands. Ceux-ci devront donc payer plus ou voir leurs retraites amputŽes. Dans un grand pays, toutes les rŽgions ne se comportent pas, sur le plan dŽmographique, de la mme manire. Plus une population est importante, plus on a de chances de compenser les faiblesses des unes par les forces des autres. De la mme manire, plus une population est importante plus on peut offrir des prestations sociales gŽnŽreuses ˆ ceux qui en ont besoin, puisque leur cožt sera partagŽ entre un plus grand nombre de contributeurs.

En ce sens, lĠŽmiettement de lĠEurope peut ˆ terme contribuer ˆ crŽer des disparitŽs fortes entre pays selon leur taille. Imaginez que la Flandre devienne indŽpendante. Sa dŽmographie imposera une augmentation des cotisations sociales et donc du cožt du travail, elle la rendra moins compŽtitive que des pays plus importants qui auront su compenser les faiblesses dŽmographiques de leurs rŽgions rurales par la vigueur dŽmographique de leurs rŽgions urbaines.

Si lĠon se place du seul point de vue Žconomique, cet Žmiettement de lĠEurope nĠest donc pas une bonne nouvelle.

Nous nĠavons parlŽ que de lĠEurope. Est-ce u phŽnomne exclusivement europŽen?

On observe les mmes phŽnomnes dans dĠautres rŽgions du monde, en Bolivie, o la rŽgion la plus riche, celle de Santa Cruz, veut son autonomie, aux Philippines o les musulmans du sud se battent depuis des annŽes pour leur indŽpendance et, bien sžr, en Afrique. Mais aussi en AmŽrique. Nous avons appris ce matin que la candidate amŽricaine ˆ la vice-prŽsidence, Pattin, avait ŽtŽ membre dĠun parti favorable ˆ lĠindŽpendance de lĠAlaska. Un parti qui aurait 13 000 militants sur une population de 670 000, soit prs de 2%, ce qui est considŽrable et, bien sžr, ˆ vŽrifier.

Mais cĠest en Europe que cet Žmiettement est le plus frappant et le plus menaant. Ne serait-ce que parce quĠil met aux prises de grandes puissances que les dirigeants des pays concernŽs nĠhŽsitent pas ˆ manipuler. Le cas gŽorgien est flagrant : en votant en 2007 une adhŽsion ˆ lĠOTAN, le parlement gŽorgien a agitŽ un chiffon rouge devant les russes en mme temps quĠil tentait dĠimpliquer les Etats-Unis et lĠEurope dans un conflit rŽgional qui date de la chute de lĠEmpire soviŽtique.

Mais que faire? Comment Žviter cet Žmiettement? Peut-on seulement lĠŽviter?

La premire chose ˆ faire est de prendre conscience de cette menace, de la mettre au premier plan, devant le terrorisme islamiste, ce quĠaidera peut-tre ˆ faire le retour de lĠimpŽrialisme russe. Une seconde chose est de montrer les risques que nous fait courir cet Žmiettement, de montrer ses dangers et ses consŽquences Žconomiques. Une troisime chose est de mener ou favoriser des politiques qui Žvitent que les rŽgions les plus riches aient le sentiment de financer ˆ fonds perdus les rŽgions plus pauvres. Quand on voit la manire dont sont gŽrŽes les ordures dans la rŽgion napolitaine on comprend que les gens qui vivent en Italie du Nord soient agacŽs. Pourquoi financer ces rŽgions si cĠest pour que la mafia en profite?

Il faut encore tre trs prudent avec les dirigeants de ces nouveaux pays de lĠex-empire soviŽtique qui mnent des politiques aventuristes et dangereuses.

Il faut, enfin, et cĠest sans doute le plus important, convaincre les populations que le nationalisme est leur pire ennemi.

Note de lecture

 

Comme chaque semaine, vous voulez nous prŽsenter une de vos lectures.

Je voudrais vous parler cette semaine dĠun livre paru rŽcemment aux Etats-Unis qui met ˆ mal une idŽe toute faite qui voudrait que dŽmocrates et rŽpublicains, ce soit bonnet blanc et blanc bonnet. Unequal democracy, cĠest son titre, a ŽtŽ Žcrit par une universitaire, un spŽcialiste des questions politiques qui enseigne ˆ Princeton : Larry Bartels. Le livre est rempli dĠanalyses statistiques qui montrent, pour faire simple, que les classes populaires et moyennes sĠenrichissent lorsque prŽsident est dŽmocrate et sĠappauvrissent lorsquĠil est rŽpublicain. Dit autrement, les inŽgalitŽs se creusent sous les prŽsidences rŽpublicaines et se rŽduisent sous les prŽsidences dŽmocrates. La politique dŽterminerait beaucoup plus les performances Žconomiques quĠon ne veut bien le dire. Ce livre est, au fond, une rŽhabilitation du politique.

Mais cela devrait donner aux dŽmocrates un avantage dŽcisif dans les Žlections. Or, ce nĠest pas le cas.

CĠest effectivement un des paradoxes que met en Žvidence ce livre. Il arrive que les pauvres votent massivement pour les candidats des plus riches. Ce qui amne Bartels ˆ dire que la dŽmocratie nĠest pas, ˆ lĠinverse de ce que lĠon pourrait croire et de ce que beaucoup dĠauteurs ont dit, un systme qui favorise le nivellement des richesses. MalgrŽ leur rŽgime dŽmocratique, les Etats-Unis sont devenus une sociŽtŽ trs inŽgalitaire du fait de la politique menŽe par les PrŽsidents rŽpublicains, Reagan, Bush 1 et 2É ces trente dernires annŽes.

Mais pourquoi une large partie des classes moyennes et populaires voteraient pour des candidats rŽpublicains?

CĠest effectivement la question. Question qui a donnŽ lieu, dĠailleurs, ˆ diffŽrents types de rŽponses. Dans un livre publiŽ il nĠy a pas trs longtemps, Thomas Franck apportait une rŽponse culturelle, opposant les Etats en perte de vitesse sŽduits par les discours populistes, le rappel des traditions (les armes chez soiÉ) qui votent rŽpublicains et les Etats en avance qui voteraient plut™t dŽmocrates.

Bartels montre que ce nĠest pas tout ˆ fait exact, que les classes populaires sont plus dŽmocrates aujourdĠhui quĠelles ne lĠŽtaient hier. Et il propose une toute autre explication ˆ ce comportement Žlectoral. Ë lĠinverse de ce que lĠon dit souvent, les prŽsidents Žlus mettent en oeuvre leur programme. Ils y croient vraiment. Et comme ces programmes sont diffŽrents, les rŽsultats Žconomiques le sont Žgalement. Les premires annŽes des administrations rŽpublicaines sont dures pour la plupart des amŽricains, lĠŽconomie ralentit, mais elle redŽmarre en gŽnŽral, de manire presque mŽcanique, dans les derniers mois de la PrŽsidence. Et elle rebondit dĠautant plus fort quĠelle est tombŽe plus bas. Les Žlecteurs qui ont, nous dit-il la mŽmoire courte, votent pour le candidat en place, mme sĠils sortent de plusieurs annŽes difficiles. Ë lĠinverse, les premires annŽes des administrations dŽmocrates sont fastes, mais lĠŽconomie ralentit ˆ la fin du cycle, ce qui incite les Žlecteurs ˆ se tourner vers leur adversaire. Les Žlecteurs sont, nous dit-il Žgalement, trs sensibles ˆ la publicitŽ, ˆ la campagneÉ or, les rŽpublicains ont, en gŽnŽral, plus dĠargent que les dŽmocrates.

Un livre intŽressant, doncÉ

Oui, puisquĠil reprend une vieille question, celle des liens entre la dŽmocratie et la distribution des richesses dans la sociŽtŽ et quĠil rŽŽvalue le r™le des politiques et de leurs programmes dans le bien-tre de chacun. Une rŽflexion intŽressante alors quĠen France mme beaucoup pensent et disent que la gauche modŽrŽe et la droite cĠest la mme chose.

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